De retour du Slam National de Madagascar

A la boutique de souvenirs, je ne sais jamais trop quoi choisir. Comme si aucun ne collait à l’histoire. L’avion va atterrir. Je vais récupérer mon bagage, ma voiture, ma rue, ma fenêtre sur coin de France. Mais rien ne me sera pareil après ce séjour à Antananarivo pour la 10ème du Slam National de Madagascar. Parce que les mots ne m’auront jamais porté aussi loin. Parce que le sourire d’une petite fille des rues sous les arcades de l’avenue de l’indépendance s’enfonce dans les abysses de mon crane et que je ne veux pas l’oublier.

J’emporte 1000 flashes de cette ville. De cette capitale africaine. Des pistes de terre du centre de détention pour mineur au pavé de l’Institut Français. 1000 flashes d’une poésie débordante de sincérité. Poésie vivante. Poésie de combat. Poésie du quotidien. Poésie sur le fil de la liberté d’expression. Poésie qui n’en oublie pas de rire pour autant. Des scènes ouvertes improvisées au coin de la rue ou d’une terrasse à la salle surchauffée de la finale, elle vibre, chauffée à blanc, direct dans tes tympans, continue son vacarme malgré les coupures d’électricité.

Je garde en mémoire des slams collectifs de haute volée et des performances en tout genre. Une organisation impeccable (mention spéciale à MissTick, qui du premier coup à ma porte jusqu’au dernier claquement de portière, aura été si patiente). Un concert de Bolo génial avec les textes magiques de Thérèsa Hahl et la pêche de Malou. Une soirée aux petits oignons à l’IFM avec « Les Monologues d’un Code-Barres ». Une soirée partagée avec les compères de micro, Tokyo de Madagascar et Chamssoudine des Comores pour un final improvisé avec Poun et Lala à l’accompagnement musical. (Quel plaisir d’être monté sur scène avec vous). Le tout servi par un accueil parfait de l’IFM à tous les niveaux. Et cette finale encore. Anthologique.

Rajoutons-y la vie autour, les marches nocturnes, les cafés sur le trottoir, les taxi-bus, les discussions en tout genre à la terrasse du Jacaranda, les repas avec tous les slameurs au quatre coins de la ville. C’est allé très vite. Les flashes se bousculent.
Il y a une terre au large des cotés du Mozambique, une île gigantesque, où la graine du Slam Poésie, a bien pris, veillée par des grands frères, et grandes sœurs qui s’y colle avec passion depuis quelques temps déjà. Pour preuve, si il n’ a que 20 ans, le champion de cette année, en rêvait depuis presque dix. Il s’appelle « Conan ». Il arrive.

A la boutique de souvenir, je n’ai pris que qu’un magnet en métal représentant un taxi bus, et puis, cet espoir de peut-être un jour, revenir voir ces endroits que les slameurs des provinces m’ont décrits devant une carte au mur de l’hôtel, le dernier soir. De revoir ses poètes et un peu plus de ce pays qui mérite de profiter de ses richesses. Voilà. les roues de l’avion cherchent le sol. Je vais m’extirper de mon siège et de cette carlingue, un peu plus riche d’humanité, je crois. Merci Madagaslam (De son président à tous les bénévoles, la liste est longue). Merci l’IFM. Merci les slameurs de Madagascar. Je claquerais des doigts en pensant à vous.

Jérôme.





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