Disgressions en Avignon #3 – « Cafetière à piston »

A J + 1

Dans la cuisine de l’appartement, il y a une cafetière à piston.  C’est marrant. Les cafetières à piston, je n’en vois que l’été. A croire que ce charmant ustensile se planque l’hiver pour ne sortir des placards qu’à la belle saison. La chaleur, les filles en maillot. Va savoir. Il est des objets du quotidien que l’on associe presque malgré nous à des saisons. Les parasols en aout ?  Normal. La raclette pour déneiger à l’hiver? Normal. Mais les cafetières à piston avec l’été ? Pourquoi donc ? Je ne sais pas. C’est ainsi, c’est ma cafetière de l’été. Celle où
je regarde les grains voleter tel des astronautes dans leur récipient, si délicieusement seventies, posé sur une table de jardin à l’heure où le soleil commence à passer les feuillages, où les oiseaux se baladent derrière les cyclistes à la retraite. D’habitude, j’attends pour presser le piston comme quand j’étais gamin,  pour être bien sur  que l’eau chaude aie pris le suc des grains. Là,  on est en Avignon alors je « presse » plus vite.

Amusant ce que chacun peut mettre derrière un objet. Tous les peignes plats, me feront toujours penser à mon grand-père paternel  le dimanche matin, ou bien à ce kakou  qui se passe un coup dans sa gomina près d’une cadillac dans un vieux  film américain. Étrange, ces associations qui oscillent entre souvenir et fiction.

Dans la mise en scène « Des Monologues d’un Code-Barres », le narrateur que je me fait, tire de son sac des objets cassés qui lui servent de prétexte pour raconter des solitudes ébréchées. Des accessoires au blouson, en passant par le petit élément de décor, tout ici vient de la récup’, par pour jouer les papes du recyclage (même si c’est une noble cause), juste parce que j’aime à penser qu’ils ont une histoire avant, qu’ils en ont une maintenant avec ce spectacle, qu’ils en auront une autre, certainement après.
Hier, c’était la première. Première d’une série. Une première avec déjà, ces petites péripéties que l’on raconte en souriant, ces péripéties qui ne sont pas celles d’aujourd’hui, ni celles de demain. Et c’est tant mieux . Les pages se tournent, pour nous comme pour tous ce que nous tenons dans nos mains. C’est ainsi. J’appuie sur un autre matin.

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