Disgressions en Avignon #5 – « Japon »


A J + 9

Je serais en photo au Japon. Peut-être pas dans un cadre 40/60 au dessus du salon, mais au moins sur un ordinateur. Dossier PHOTO SOUVENIR, Dossier AVIGNON 2019 VACANCES, Fichier CANON 0322. Au pire, juste dans une carte SD, au même numéro.

Je serais au Japon, pour toujours, assis sur le rebord de la fontaine Pinard, rue de la république. Avec en arrière-plan, un clochard, un couple de festivaliers avec son catalogue dans les mains et un sushi shop. (Ça ne s’invente pas)

Je serai au second plan de la photo, en short/basket, avec une dizaine de tracts dans les mains, avec mon regard mi Clint Eastwood, mi Denis la Malice, essayant désespérément d’exister dans l’objectif. Mon regard juste au niveau des lombaires de Yumi (Parce que je vais l’appeler Yumi) qui prend la pose en penchant la tête dans son t-shirt vert pomme, quand Himiko (parce que je vais l’appeler Himiko) dans son t-shirt pêche, elle, déclenche l’obturateur.

Où vais-je atterrir au Japon avec ma frimousse d’auteur interprète, pleine de tergiversations dont l’humanité se fout éperdument ? Dans quelle province ? Dans une maison ? Dans un appartement ? Quelle pièce ? Chez laquelle des deux nippones  ? Spontanément, j’opterais pour Himiko mais pas dit que mon avis soit pris en compte….

La photo est-elle, tellement excellente que Yumi va la garder ? Voir l’offrir au prochains vœux de nouvelle année à ses parents, à ses grands-parents, à ses arrières-grands-parents, à ses arrières-arrières-grands-parents (Le Japon, le pays des centenaires) ? Je m’incrusterais ainsi dans plusieurs foyers de la péninsule nippone.

Ou alors la photo est moins extraordinaire, juste sympa – mais j’en doute car je lance quand même mon regard de Clint Eastwood La Malice – mais Yumi étant sa super pote, Himiko, va me punaiser dans sa chambre sur le mur des copines ? Ou alors peut-être, je ne serais que le gars qui va relancer l’ambiance dans la soirée diapo d’Himiko en septembre prochain. En avalant des cacahuètes, une bande de jeunes nippons s’interrogeront sur cet authentique blérot « Made in France » qui se prend pour un cow-boy intelligent alors qu’il a le te tarin de Cyrano.

Quoi qu’il en soit, je suis en passe de devenir une méga star au Japon entre Jean Réno et Depardieu. Et ça me va très bien. Plus sérieusement, on charrie le japonais qui shoote tout ce qui bouge dès qu’il sort de l’aéroport. Mais cette remarque date à mon gout, des années 90, avant que 300 000 ans d’évolution ne place des ordinateurs miniatures dans nos poches d’Homo Sapiens nourris au chips. Désormais, tous les peuples à thune de la terre, photographient la moindre pierre taillée deux siècles plus tôt, le moindre spectacle de rue, le moindre feu de poubelles, le moindre artiste peintre, la moindre personnalité du câble qui attaque sa glace en terrasse… Et les français aussi. Faudrait pas que l’hôpital se moque de la charité, en montant une cellule d’aide psychologique…

Le japonais, me semble quand même bien mieux équipé que nous. Il shoote au zoom 4K quand nous on cliquouille au smathphone, radins que nous sommes. Inutile de m’offrir un couplet sur alignement œil-sujet-objectif. Sur ces milliers de photos que nous prendrons avec nos téléphones, combien en montrerons nous à d’autres regards avant de les effacer?

Bref, en attendant qu’Himiko ou Yumi clique sur ma ganache, dans leur lointain pays du soleil levant, vous pouvez venir voir et écouter votre serviteur dans « Les Monologues d’un Code-Barres » au théâtre des Lilas. Je vous ferai ma moue de Clint Eastwoord La malice pour le même prix. C’est à 13 heures.

J.PINEL

« Les Monologues d’un Code-Barres » théâtre des Lila’s (rue Londe).Tous les jours à 13 heures. Jusqu’au 24 juillet inclus (Sauf mercredi 17)

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